L’inacceptable raisonnement
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(…)Pour Pierre Ballofet, professeur agrégé et responsable pédagogique du DESS en communication marketing, «il faudrait dire un mot sur la pensée “économiste”, et non économique, qui sous-tend le raisonnement de la chroniqueuse. En fait, c’est une pensée inerte qui émane surtout d’une pure spéculation intellectuelle. Partir de quelques principes présentés comme lois ou vérités premières, puis se laisser dériver au fil d’un raisonnement qui relève du sophisme conduit à la barbarie ou au ridicule, ce qui est plutôt le cas ici»
«Les cyniques, disait Oscar Wilde, sont ceux qui connaissent le prix de tout et la valeur de rien.»
Il existe d’autres modes de décision que ceux des marchés dans nos sociétés. Les choix de politiques faites en matière de culture, comme de santé ou d’éducation sont de cet ordre.
«Après tout, conclut-il, le terme économie ne désigne-t-il pas, dans son étymologie, la règle de la maison? Comprendre ceci, c’est aussi comprendre que tout ne peut se réduire à cette dimension. Aucun économiste sérieux ne l’affirmerait au demeurant. Il ne s’agit donc pas tant d’argumenter sur le caractère “rentable” ou non de la culture. Le domaine culturel comporte certaines dimensions économiques, le réduire à celles-ci est non seulement réducteur, mais conduit à des non-sens tout à fait étrangers à une discipline économique bien comprise.»
(…)Il nous faut aller là où le propos de Mme Elgrably-Lévy ne s’est jamais rendu: au centre du savoir et de la connaissance de la nouvelle économie, dite économie créative, celle qui, précisément, hybride la créativité des artistes aux innovations technologiques de l’heure, pour créer des entreprises et des managements de type nouveau et fécond.
(…)Laurent Simon, quant à lui, conclut que «le monde qui vient fait peur aux traditionalistes, car ses modèles sont moins maîtrisables que l’analyse d’une économie centrée sur les schémas classiques de production et de rendement». Et, se référant à son tour à l’étude d’un autre réputé chercheur français, Pierre-Michel Menger, Portrait de l’artiste en travailleur, il affirme que «l’art est le ferment du nouveau capitalisme»(…)
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Unacceptable reasoning
(Excerpts, translated)
(…)For Pierre Ballofet, professor and head of pedagogy in the communication and marketing program, “a few words must be said about ‘economist’ as opposed to economic thinking, because this underpins the columnist’s thinking. In fact, this thinking is stale and derives from purely intellectual speculation. To begin from the few principles presented as if they were law or primal truths and then follow a thread of reasoning based on sophistry leads to barbarism or silliness. The latter is more likely the case here.”
“As Oscar Wilde said, ‘What is a cynic? A man who knows the price of everything and the value of nothing.’”
In our society, realms of decisions exist beyond those of the market. Political choices related to culture, like choices on matters of health and eduction, are of this nature.
“After all,” Ballofet concludes, “doesn’t the etymology of the word economy derive from management of the home? To comprehend this, is to also understand that not everything reduces to that single dimension. Moreover, no serious economist would argue as much. It is not a question of debating the ‘profitability’ of culture. The cultural domain does comprise some economic facets, but to limit it to that alone is not only reductive but leads to nonsensical conclusions completely foreign to any accepted economic discipline.”
(…)We need to go where Ms Elgrably-Levy has not gone: to the centre of knowledge and an understanding of the new economy, a.k.a. the creative economy, the one that hybridizes artistic creativity and cutting-edge technological innovation to create new and fecund businesses and management models.
(…) Laurent Simon, for his part, concludes that “we’re moving into a world that frightens traditionalists, because its models are less easily analysed than the classical production and yield matrix.” And, referring to Portrait de l’artiste en travailleur (Portrait of the artist as a labourer) by Pierre-Michel Menger another respected French researcher, Simon affirms that “Art is the yeast of new capitalism…”
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